"Vue du théâtre de Bacchus" in James Stuart et Nicholas Revett, The Antiquities of Athens, Londres, John Haberkorn et John Nichols, 1762-1787, Bibliothèque de l’Institut National d’histoire de l’Art, collections Jacques Doucet, Fol Res 639, vol. 2, ch. 3, p. 29.

Appel à contribution : De l’imaginaire aux vestiges, des vestiges à l’imaginaire (Rome, 25-26/2/2027)

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ERC Advanced Grant AGRELITA. Colloque international coorganisé avec l’École française d’Athènes


De l’imaginaire aux vestiges, des vestiges à l’imaginaire : représentations littéraires de la Grèce antique dans sa matérialité (XIVe-XIXe siècle)

Ce colloque se propose d’explorer les représentations des réalités matérielles de la Grèce antique dans les œuvres littéraires écrites entre le XIVe et le XIXe siècle et d’étudier la manière dont les auteurs se sont forgé des images de la Grèce ancienne à partir de sa matérialité telle qu’ils se l’approprient et l’intègrent dans des textes divers. Son objectif est d’analyser comment la matérialité de la Grèce antique (monuments, édifices, ruines, œuvres d’art, objets, vêtements…) a été imaginée ou reproduite, reconstituée, réinterprétée et à nouveau fantasmée, avant et après les découvertes de vestiges matériels lors de voyages, d’explorations et de fouilles archéologiques. Il porte ainsi sur les alternances et surtout les interactions entre d’une part les constructions de l’imaginaire et de la pensée, et de l’autre les vestiges matériels de la Grèce ancienne découverts au fil des siècles, dont les œuvres proposent des reflets littéraires.

Nous envisageons volontairement le corpus des textes littéraires dans son extension la plus large, celle qui prévaut durant la majorité des siècles considérés : romans, poésies, textes historiques, récits de voyage, littérature antiquaire, littérature d’art et d’architecture, traités archéologiques, récits de missions archéologiques, textes didactiques… Il s’agira de croiser les analyses sur des formes d’écriture souvent séparées. L’attention sera portée sur les textes et aussi les images visuelles susceptibles de les accompagner, qui mettent en scène des vestiges matériels associés à la Grèce antique, mais également les pratiques qui leur sont liées (politiques, artistiques, religieuses, funéraires, etc.).

Les réalités matérielles que les auteurs figurent relèvent parfois en effet de la seule création de l’imaginaire. Nous pensons ici particulièrement à des textes du XIVe siècle et du début du XVe siècle, mais pas seulement. Elles sont plus souvent le reflet et la réélaboration de realia grecques ou identifiées comme telles : reproduction, transformation, projection de l’imaginaire et/ou de cadres de pensée se mêlent alors. Les auteurs des textes envisagés ont parfois eu un accès direct aux realia grecques qu’ils représentent – des voyageurs, des antiquaires, des archéologues… – et/ou écrivent à partir de sources médiatrices diverses et de leur propre vision de la Grèce. Leur pensée et leur imaginaire ont pu conditionner la représentation et l’interprétation de cette matérialité découverte directement ou indirectement, jusqu’à la réinventer. Quels éléments de la matérialité de la Grèce ancienne intéressent les auteurs au fil des siècles, avec quels modes de figuration et pour quelles finalités ? Comment s’articulent différentes représentations de la matérialité de la Grèce antique d’une époque à l’autre, à une même époque et parfois dans une même œuvre ? Comment la réception de cette matérialité change-t-elle aussi d’un espace culturel à l’autre ?

De l’engouement pour la Grèce antique qui se développe à partir du XIVe siècle, jusqu’à la naissance de l’archéologie moderne au XIXe siècle, ce sont toutes ces matérialités fantasmées de la Grèce ancienne dans des textes littéraires que ce colloque souhaite explorer. Il a pour dessein de retracer l’évolution du regard que des auteurs très nombreux ont porté sur les vestiges matériels de la Grèce, et celle de leurs représentations, c’est-à-dire de leurs modes d’appropriation. À ce titre, la remise en contexte des ouvrages étudiés nous paraît essentielle pour mieux appréhender les enjeux (esthétiques, politiques, identitaires, etc.) qui sous-tendent ces représentations.

Les propositions sont à adresser (titre et résumé de 200-300 mots, bref cv) avant le 15 mai 2026 à Catherine Gaullier-Bougassas et à Lorène Bellanger aux adresses suivantes :

Les propositions pourront être présentées en français ou en anglais.

Pour assurer une publication avant la fin du projet ERC, nous demandons aux auteurs de nous envoyer leur texte avant le 23 décembre 2026. Des modifications pourront être apportées après le colloque.

Les articles issus des contributions seront publiés chez Brepols dans la collection « Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité » : http://www.brepols.net/Pages/Browse BySeries.aspx?TreeSeries=RRA.

ERC Advanced Grant AGRELITA

The Reception of Ancient Greece in pre-modern French Literature and Illustrations of Manuscripts and Printed Books (1320-1550) : How invented memories shaped the identity of European communities

Direction : Catherine Gaullier-Bougassas

https://agrelita.hypotheses.org

The AGRELITA project was launched on October 1st, 2021. It is a 6-year project (2021-2027), which has received funding from the European Research Council (ERC) under the European Union’s Horizon 2020 research and innovation program (grant agreement No 101018777).

Logos Agrelita et sponsors

Légende illustration : « Vue du théâtre de Bacchus », in James Stuart et Nicholas Revett, The Antiquities of Athens, Londres, John Haberkorn et John Nichols, 1762-1787, Bibliothèque de l’Institut National d’histoire de l’Art, collections Jacques Doucet, Fol Res 639, vol. 2, ch. 3, p. 29.