Une mise en perspective de différents régimes de mémoire : des passés antiques aux passés plus récents
Remémoration et réinterprétation : des passés antiques à des passés récents (XIVe-XXe siècle), éd. C. Gaullier-Bougassas, Turnhout, Brepols, 2026 (Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité, 15), 246 p., ISBN 978-2-503-62092-3
Les études sur la mémoire collective et les instrumentalisations de l’histoire se sont considérablement développées depuis les années 1980. Ce volume propose une réflexion sur les remémorations et usages multiples du passé, en explorant comment, sur une longue durée et des corpus multiples, comment, à la même époque ou à des époques différentes, un même passé a pu être recomposé et réinterprété, pour servir à la formation d’identités politiques. Il s’agit de mettre en perspective différents régimes de mémoire, appliqués à des passés très lointains, les passés antiques, à des passés médiévaux et à des passés plus récents, et relevant ainsi tant de la mémoire culturelle que de la mémoire communicationnelle selon les analyses de Jann Assmann. Ce volume appartient au programme ERC Advanced Grant AGRELITA, « The Reception of Ancient Greece in Pre-modern French Literature and Illustrations of Manuscripts and Printed Books (1320-1550) : How Invented Memories Shaped the Identity of European Communities ». AGRELITA comporte un axe transversal sur les notions de mémoire et d’identité. Il s’agit ici d’élargir la réflexion à d’autres passés que celui de la Grèce antique et de l’ouvrir à une durée plus large, du XIVe siècle jusqu’aux années 1970, en Europe, en croisant les approches et les perspectives.
Page éditeur et table des matières
Comment l’Occident médiéval s’approprie des origines grecques
Représentations d’origines grecques dans les cultures textuelles et visuelles de l’Europe occidentale pré-moderne (1100-1600), éd. C. Gaullier-Bougassas, Turnhout, Brepols, 2026 (Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité, 13), 412 p., ISBN 978-2-503-61811-1
En 1176, Chrétien de Troyes exprime l’idée d’un héritage dont le berceau serait la Grèce, origine de la « chevalerie » et de la « clergie », dans le célèbre prologue du Cligès, mais il ne donne pas de contenu précis à ces origines grecques. De nombreux auteurs de l’Europe pré-moderne s’attellent ensuite à leur représentation. En effet, entre 1100 et 1600, dans les lettres et les arts, le passé grec a permis de créer différents types d’origines. Un exemple est celui de la figure d’Hercule exploitée à travers une grande partie de l’Europe occidentale, dans les images comme dans les textes, pour diverses visées politiques, nationales et dynastiques, sociales et culturelles. Si les origines grecques contribuent souvent à une justification politique, elles peuvent aussi poursuivre d’autres desseins, particulièrement dans les récits et les images d’invention ou d’instauration d’une donnée culturelle, artistique, scientifique ou sociale, d’une institution politique, juridique ou intellectuelle. Le présent volume explore les emplois, les fonctions et les finalités des discours sur les origines grecques entre 1200 à 1600, dans les cultures textuelles, visuelles et matérielles européennes : comment la notion d’origine /d’origines est-elle alors pensée par les auteurs et les artistes ? Qu’est-ce qui à la fois l’unit et la distingue de l’héritage ? Pourquoi les Grecs ? Quelle(s) Grèce(s) sont pensées comme des origines ? De qui et de quoi sont ces origines ? Quelles modalités de représentation et quels processus d’appropriation apparaissent ? Dans quels buts et pour quels publics ?
Page éditeur et table des matières
Catherine Gaullier-Bougassas est professeure de langue et de littérature médiévales françaises à l’Université de Caen-Normandie et membre senior de l’Institut universitaire de France. Elle est l’auteure de nombreuses études sur la réception de l’Antiquité et de la figure d’Alexandre le Grand au Moyen Âge. Depuis 2021, elle est lauréate de l’ERC Advanced Grant AGRELITA.


